Hong Kong, pas que des buildings...

Période de voyage: août - septembre 2010

Comment accède-t-on à la région administrative spéciale de HongKong de la République Populaire de Chine

Aube à Shenzhen
Aube à Shenzhen

Nous sommes à Shenzhen, Chine, très très proches de Hong Kong. Le bus-couchettes que nous avons pris à Yangshuo nous a déposés quelque part sur une grande route, juste avant l’aube. Nous n’avons qu’à continuer sur nos vélos et suivre les indications sur les panneaux que nous allons sans doute aperçevoir sur la route. Il est tôt et encore frais, nous avons toute la journée devant nous pour nous rendre à Hong Kong et trouver ce camping situé au centre ville et en même temps en bord de mer où nous pourrons nous poser pour quelques jours. Nous l'avons trouvé sur google maps donc il doit bien être là à sa place (ne vous marrez pas déjà, nous on y croit aveuglement).

Shenzhen est une très grande ville-frontière chinoise, avec des gros buildings modernes, des belles routes larges et propres, bordées d’espaces décoratifs fleuris. A cette heure-ci la ville dort encore, tout est très calme et paisible, très agréable pour la traverser à vélo.

 

C'est là qu'on va...
C'est là qu'on va...

Nous cherchons en vain des panneaux indiquant la voie pour Hong Kong. Nous demandons aux passants. La réaction des chinois que nous connaissons déjà depuis un moment survient le plus souvent: l'informateur potentiel secoue la tête et s’en fuit pour éviter une situation embarrassante. D’autres nous écoutent sans comprendre ce qu’on veut. Nous tentons de prononcer "Hong Kong" en utilisant des tons différents, ce qui est vraiment important en chinois car le sens change complètement: "Hòng Kòng; Hông Kòng; Hõng Kóng? Hóng Köng! …" rien… Essayons avec le nom chinois car Hong Kong est en cantonnais: Xiang Gang, avec tous les tons aussi mais nous n’arrivons pas à obtenir une seule indication… Inutile de s’énerver avec les chinois en les jugeant d’être peu intuitifs (mais deux occidentaux à vélo à Shenzhen, à quelques km de l’une des mégalopoles les plus populaires d’Asie… où voudraient-ils bien aller?). Nous nous plaignons plutôt de nous-mêmes de souvent se lancer à l’aveugle dans nos aventures. En fait la seule idée que nous avons de ce que nous voulons faire est une envie de mer! plus une photo d’une page google maps avec un point indiquant un camping juste en face de la fameuse Hong Kong Island.

Après quelques tours en ville nous nous débrouillons pour trouver le poste frontière de Lok Ma Chau (eh oui, il faut connaître les noms précis des villages situés à la frontière. Le passage est très simple, en quelques minutes on se retrouve avec un tampon gratuit valable 3 mois! Mais les gardes nous disent qu'on ne peut pas continuer à vélo car il y a un pont à passer interdit à tous sauf aux bus-navettes locaux. Pas de problèmes, on peut mettre les vélos dedans. Mais d’abord il faut faire un billet pour un autre bus et il y en a plusieurs amenant dans des lieux divers et bien sûr nous n'en connaissons aucun. Nous prenons le moins cher en présumant qu’il n’ira pas loin et on pourra ainsi continuer à vélo. Donc après avoir chargé dans la navette, déchargé la navette, chargé dans le bus et déchargé du bus, nous arrivons à Kam Tin.

 

 

 

Comment nous sommes allés à Hong Kong et comment nous en sommes sortis

Dans la région de Hong Kong il y a des autoroutes qui accèdent directement dans différents coins de la ville mais elles sont malheureusement interdites aux vélos. Nous empruntons donc les routes secondaires et passons une petite colline raide recouverte de dense forêt tropicale. Il commence à faire bien chaud et humide, ce qui est assez désagréable comme sensation surtout si on n'y est pas habitué. De l’autre côté nous découvrons une belle vue sur juste un bout de cette mégalopole tentaculaire. Des nombreux gratte-ciel de verre scintillant s’imposent sur un tissu urbain s’étalant même sur les collines environnantes, sans espaces vides . Nous pédalons des km et des km dans cet espèce de hammam qui devient de plus en plus étouffant avant de rejoindre la péninsule de Kowloon et se mettre à la recherche de notre camping.

Voilà... après des heures il nous faut nous l'avouer; il n’existe pas. Que des buildings et du béton ici, jusqu’à la limite de la côte! C’était l’adresse du bureau de gestions des camps de scouts… On y a cru jusqu’au bout. Nous qui voulions dormir dans notre tente dans le cœur d’Hong Kong (à y penser maintenant ça nous semble absurde, je crois que la chaleur de l’été chinois nous a fait perdre la tête) nous nous retrouvons à devoir chercher un autre endroit où passer la nuit. Nous avons le choix entre les fameux multi-ethniques Chungking Mansions ou les hôtels de luxe, ou encore des petits hôtels à heure pas vraiment conçus pour y dormir… Mais en ce jour-ci rien nous va, nous préférons sortir de la ville et pédaler vers Est pour chercher une plage ou un espace camping (il y en a plusieurs) dans les parcs de la région de Honk Kong. Mais cette zone est plutôt hostile aux vélos, nous ne trouvons pas la route, la ville est juste énorme et semble chaque fois nous renvoyer au même endroit. Il commence à se faire tard et nous sommes fatigués mais la ville semble ne pas nous laisser partir. Soudain, nous voyant en difficulté, un monsieur nous vient en aide, il nous conseille d’aller à Sai Kung (là où on voulait aller d'ailleurs) avec un taxi-fourgon qu'il appelle pour nous. Nous voilà sortant de la ville à l'intérieur d'un comfortable véhicule pendant que dehors commence une ordinaire tempête tropicale.

 

 

Comment nous avons connu Wietz, Minette et Kei-Lisa et comment ils nous ont mis sur un kayak et envoyés à la mer

Le taxi nous dépose à Sai Kung, localité de résidence en bord de mer, assez appréciée par les expatriés. Un endroit tranquille et sympa. Il fait sombre, il continue à pleuvoir et nous ne savons toujours pas où passer la nuit. Vaut mieux s’asseoir et manger quelques spécialités cantonaises; j’opte pour des wonton tandis que Laeti opte pour ne rien manger et s’en va explorer les alentours et demander des infos. Apparemment il n’y a pas vraiment de quoi dormir ici…

Assis dans la gargote nous remarquons un grand homme occidental qui passe vers nous pour la deuxième fois. Laeti l’arrête pour lui demander s’il connaît un endroit pour dormir. Le gars (Steve), passionné de vélo, sort le téléphone, appelle un copain qui habite dans le petit village à côté et nous y envoie!

C’est ainsi que Wietz, Minette et leur fille Kei-Lisa nous accueillent avec un grand sourire et nous offrent douche et lit. Nous nous écroulons dans le lit, exténues par cette longue journée.

 

C'est la l'inévitable magique du voyage, des tournures inattendues, des gestes simples mais essentiels qui remettent en questions les valeurs de la Vie, nous font penser à ce qui est vraiment important et nous font sentir vivants. Nous avons traversé des pays avec des cultures très différentes, nos moyens de communications étaient limités, mais la barrière linguistique a été facilement surmontable par un regard dans les yeux, un sourire et une entente tellement naturelle qui fait que nous, les êtres vivants sommes tous reliés. Et la main nous a été tendue quand on en avait besoin, souvent sans rien avoir demander.

Nous avons tellement souvent connus des personnes magnifiques qu'on aurait pu dire qu'elles ont été crées expressement pour nous, et cela au tout hasard ou parce que c'était notre destinée, selon ce que l'on croit.

Avec Wietz & Minette l'entente a été instantanée, ils nous ont ouvert leur porte comme s'il nous attendaient depuis toujours.

 

Nos hôtes parlent Afrikaans, une version de hollandais developpée par les colons qui se sont installés en Afrique du Sud, Namibie et Botswana et Zimbabwe depuis le 17ème siècle. Ils viennent donc de Cape Town, vivent à Hong Kong depuis 3 ans et y travaillent comme vétérinaires. Nous découvrirons vite que nous avons beaucoup de valeurs et passions en commun. Quand nous leur partageons nos intentions d'aller camper dans les plages des territoires presque sauvages de l'Est de la région, ils nous conseillent d'explorer les îles et les plages dans les alentours en kayak plutôt qu'à vélo... ils en ont tout juste un assez grand pour deux personnes et les bagages. Deux jours après nous prenons le large munis de tente, provisions, crème solaire et photocopie d'une carte de la région... Une nouvelle aventure inattendue commence!

 

Mais d'abord...

 

 

... une visite à Hong Kong

Le jour suivant est dédié à une petite visite de Hong Kong et à la demande du visa pour le Vietnam... la suite du voyage.

 

 

Que dire de Hong Kong? Nous ne sommes pas vraiment des fans de grandes villes mais il est difficile de ne pas rester subjugués par le génie mégalomane de l’humain. Parfois on se sent très petit face aux artefices que nous sommes capables de produire… même si cela n’est rien comparé à ce que l’artiste qui est notre Mère Nature a créé sans faire de calculs, sans diplômes et sans marcher sur les pieds des autres. Donc nous voilà au milieu de milliers de tours vertigineuses construites les unes à côté des autres et toutes éclairées la nuit par des spots colorés. Pour se déplacer plus rapidement, on peut utiliser un métro super efficace et serviable avec des panneaux informatifs à mesure d’homme, presque en version "pour les nuls". Les rues sont bourrées d'informations en caractères chinois mais aussi en anglais, des magasins locaux et internationaux comme des 7eleven ; une population parlant souvent aussi anglais très disponible et aimable avec les étrangers et surtout, je dirais, très disciplinée : personne ne traverse la route avec le feu rouge et ils font des queues atteignant quelques dizaines de mètres pour monter dans les bus (y a même des lignes au sol à suivre), sans pousser ou se bousculer… Je ne voudrais pas toucher des sujets tabous mais, décidément, ici ce n’est pas la Chine !

 

Carte du métro avec indicateurs lumineux
Carte du métro avec indicateurs lumineux

D’autres différences avec l’Empire du Milieu? 156 ans sous domination anglaise qui se sentent et se voient très clairement... Un autre système politique, une autre monnaie, un coût de la vie plus élevé, une conduite à gauche (aahh ces anglois…), pas ou beaucoup moins de censure internet, existence de la liberté d’expression et d’autres libertés civiles (et droits de l’homme), …

Les rues fourmillent de tout genre de gens dans un chaos asiatique, hommes d'affaires en costard-cravate, des visages occidenteaux, asiatiques, indiens, moyen-orientales et même africains se mélangent dans la foule, les stands de bouffe "sur le pousse" trouvent leur place entre les boutiques de mode et les revendeurs bon marché, les bâtiments de groupes financiers ou les supermarchés technologiques, les kiosques, les restaurants, les vendeurs de produits de médecine traditionnelle chinoise qui est toujours bien ancrée dans la culture locale...

Finalement nous n'avons pas fait grand chose à part flâner dans Kowloon et Honk Kong Island, sans vraiment prendre des photos, désolés...

 

10 jours en kayak

Sérieux, c'est parti!
Sérieux, c'est parti!

Nous voici prêts pour la grande pagayade, sans entraînement, sans aucune notion de courants marins, des typhons tropicaux, et de comment mener kayak! Nous partons à l'aventure sous un ciel menaçant et revenons 10 jours après super satisfaits de l'expérience. En fait il y a bien eu une alarme typhon pendant ces jours mais il n'est arrivé que plus tard après notre rentrée. La mer était néamoins bien agitée et nous a obligé à une sorte de naufrage sur une magnifique plage frequentée par la jeuneusse de Hong Kong pendant les week-ends. N'étant pas située sur une île, les campeurs se rendent en bus jusqu'en haut de la montagne et rédescendent à pieds, hyper chargés de nourriture et matériel de camping, le chemin bétonné (!?) qui en 40 minutes conduit à la plage appelée Long Ke. Le lendemain, ils jettent tout (vraiment tout!) à la poubelle pour ne pas avoir un sac à dos trop lourd pour la remontée... Grâce à ce phénomène, nous avons pu survivre dans ce lieu pour quelques jours de plus, en jouissant de pommes de terres, sauces au curry, légumes, chips, nouilles, spirales anti-moustiques, charbon, fourches pour grillades et d'autres trésors abandonnés sur place.

Les jours de la semaine, quand tout-le-monde travaille, ces endroits magnifiques sont déserts, sauf quelques rares visiteurs. C'est le paradis pour qui a besoin d'un moment sans interaction sociale, pour qui pète un câble dans le rythme frénétique de Hong Kong ou pour le distrait qui a oublié son maillot de bain :P (nononon va pas chercher dans les photos plus bas...)

Voici le trajet:

 

Et voici quelques photos du kayak trip:

 

Sweet Life in Tai Wan Tsuen

Après 10 jours dans la mer, nous sommes restés dans le petit village de Tai Wan Tsuen, chez Wietz & Minette pour un bon moment, aussi grâce à cette entente particulière qui nous liait depuis les premiers instants. Nous avons partagé beaucoup et une amitié est née de cette rencontre inattendue.

Les activités de ces journées ont été de tout genre mais jamais stressantes: du longboard, de la plage et des cascades, des bons repas, du vin rouge, des longues discussions, de la musique, des sourires et des câlins avec la petite puce Kei-Lisa, des recherches de postes de volontariat pour le futur proche dans le sud-est asiatique (trouvé! les gibbons à Phuket), visite à Hong Kong by night, des typhons impressionnants, notre premier diaporama en public avec tous les potes à Wietz & Minette...

 

Et soudain, le moment de partir est arrivé. Nos parents vont bientôt nous rendre visite à Guilin en Chine, tout est en grande partie organisé. Nous reprenons nos vélos qui ont eu le temps de rouiller un peu à cause du climat particulièrement humide. Cette fois on pédale vers une station de métro qui nous amène directément à Lo Wu, l'autre poste frontière piéton bien plus pratique que celui de Lok Ma Chau.

 

Bye bye Hong Kong, on reviendra un jour car maintenant on le sait: il n'y a pas que des buildings! 

 

 

Un merci du coeur à nos nouveaux amis pour être comme ils sont.


Pour terminer, encore quelques photos:

 

 

... et un bonus test, dites-nous ce que vous en pensez!

 

 

Pour en savoir plus sur Hong Kong et pour voir des belles photos, vous pouvez faire des recherches par vous même, mais pour commencer voici le link wiki: 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Hong_Kong

 

 

Retrouvez les autres articles du blog: www.entreicietla/le-blog

 

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Commentaires: 2
  • #1

    sam (mercredi, 30 mai 2012 11:42)

    Bello Bello bravi ;)

  • #2

    Chiara Del Ponte (mercredi, 30 mai 2012 20:04)

    Meraviglioso ciò che avete vissuto in kayak! E la piccola Kei-Lisa é un amore , bellissima, un vero CHOU!!!
    Nel lontano 1967 sono stata una settimana ad Hong-Kong, in estate , mancava acqua, l'elettricità si faceva desiderare, quante scale a piedi per salire negli uffici e l'odore terribile delle toilettes (non funzionavano gli scarichi...).
    E pensare che nell'atterraggio al primo sguardo dal finestrino dell'aereo , oltre che a pensare che finivo nel mare, ho paragonato il paesaggio un po' a Lugano!!!
    Bellissima la descrizione della "magie du voyage". L'ho provata tante volte nel mio peregrinare ed ancora oggi sono in contatto con quelle persone che mai potrò scordare....
    Siete proprio carissimi, pensate che potreste essere i miei nipoti. Sarei la persona più felice di questo mondo!!!
    Godetevi la visita dei vostri cari, vi invio un sacco di auguri e di belle e sempre magnifiche esperienze di vita!
    Chiara