Des plaines vides et le coeur plein: bienvenues au Kazakhstan

Période de voyage: avril 2010

Après notre balade hivernale dans le Caucase nous voici enfin en Asie Centrale! Le premier des « stan » que nous aimerions parcourir est le pays des Kazakhs. Caractérisé par un relief très plat, le Kazakhstan est une énorme steppe. Peuplé autrefois par des chasseurs et des éleveurs nomades, il était alors parcouru à cheval. Aujourd'hui, il est traversé d'Ouest en Est par une route bétonnée et par le chemin de fer. Le long de cette voie ferrée, environ tous les 100 km, quelques rares voitures qui passent et quelques villages isolés composés de trois maisons, représentent la seule présence humaine sur notre chemin au milieu de ces immenses étendues semi-arides. Tout autour, c’est vide à 360 degrés, l'horizon est coupé uniquement par le passage de dromadaires, chameaux et chevaux, ainsi que par la silhouette des oléoducs transportant l’or noir de la Caspienne.

 

Une idée de l'échelle: le superficie du Kazakhstan est 66 fois plus grande que celle de la Suisse.

Croisière sur la Caspienne

voyage à vélo au kazakhstan, bike touring
Le bateau tant attendu, enfin nous embarquons!

Après une attente « administrativement normale » (une semaine…) nous quittons l'Azerbaïdjan à bord du bateau de marchandises qui traverse la Mer Caspienne en reliant Baku à Aktau environ une fois tous les dix jours. Le parcage de nos vélos avec les autres camions et wagons de train de marchandises étant fait, nous nous apprêtons à prendre place dans nos cabines avec toutes nos sacoches. C'est alors que le capitaine veut contrôler le contenu de celles-ci; nous, en vrais débutants, nous l’informons tranquillement de nos bouteilles remplies d'essence servant à alimenter nos réchauds de cuisine. Et hop, deux secondes après nous nous voyons obligés de vider le fuel directement dans la mer. Par contre, tout autre liquide fortement alcoolisé est plus que bienvenu...

Les cabines sont plus ou moins propres, on ne peut pas en dire autant des toilettes… Il n’y a quasi personne à bord et la durée du voyage annoncée est de 18 heures... nous y passerons deux jours et deux nuits... y compris l'anniversaire à Laeti!

 

voyage à vélo au kazakhstan, bike touring
Apéro dans la cabine du bateau

L’aventure continue accompagnée de nos amis belges, Arnau et Grégoire. Ils ont un visa kazakh d'une durée d’un mois seul car ils comptaient rentrer en Ouzbékistan par l'Ouest et le parcourir en entier, tandis que notre plan était de rouler au Kazakhstan pendant deux mois pour rejoindre Almaty, puis rentrer au Kirghizistan. Mais l'entente est superbe, l'envie de partager un bout de route est grande... la décision sera donc prise quelques jours plus tard autour d'une table et d'une bonne bière: nous irons ensemble à Almaty pour demander quelques visas puis nous poursuivrons en direction de l'Ouzbékistan. Et cela en moins d'un mois… il faudra forcément prendre le train pour un bout.

voyage à vélo au kazakhstan, bike touring

Tôt le matin, le bateau arrive au port d’Aktau. Nous n'avons pas encore le pied à terre qu'un premier contrôle de passeports est effectué sur le bateau par un officier kazakh. Les traits mongols de son visage et ses yeux bridés réveillent nos esprits... nous sommes en Asie!!! Seule communication: interdiction catégorique d'importer de la nourriture de provenance animale au Kazakhstan. Et voilà que le pique-nique canadien commence : les conducteurs de camion azéris sortent leur charcuterie, et nous notre fromage...

Nos premiers pas dans la steppe

voyage à vélo au kazakhstan, bike touring
Grégoire

Le passage de douane se fait très long mais sans problèmes, un tampon sur le visa, un sur le passeport et un autre sur un précieux petit bout de papier qu'il faudra faire tamponner par l'OVIR (contrôle de l’immigration) à Aktau.

En pédalant ces quelques kilomètres qui séparent le port de la ville d'Aktau, nous avons pu remarquer que, de ce côté, la Mer Caspienne est beaucoup moins noirâtre qu'à Baku, elle est même plutôt azure. Les conducteurs kazakhs nous étonnent avec leur attitude généralement tranquille et détendue. Ils sont bien gentils... ils nous donnent même, incroyablement, la priorité! Alors ça, on n’y est vraiment pas habitué…

Nous faisons quelques courses dans un supermarché bien fourni de produits russes et kazakhs. Tout est écrit en cyrillique, ce qui nous fait petit à petit plonger dans l’ambiance ex-soviétique. Nous attendons ensuite quelques heures pour ce tampon à l'OVIR. Et quand on l'obtient, plus rien ne nous retient, nous partons vers l'Est!

Une fois passé les dernières habitations d'Aktau, la route continue dans la steppe, plate, aride... il n'y a rien sauf ce serpent jaune qui est la pipeline et les nombreux puits pétroliers éparpillés à perte de vue et caractérisés par la lenteur de leur mouvement… le seul perceptible dans la totale immobilité du paysage.

voyage à vélo au kazakhstan, bike touring
Troupeau de chevaux en liberté, photo prise par Grégoire

 

Gentiment le coucher du soleil approche; arrive pour nous l'heure de monter notre campement. Mais où? Dans la steppe, c'est facile: il faut juste choisir droite ou gauche, s'éloigner quelques centaines de mètres de la route et les jeux sont faits. Ou mieux encore c'est lorsque le sol n'est pas vraiment plat et qu'il nous offre la possibilité de nous abriter du vent.

 

C'est alors qu'on peut prendre un moment pour soi, s'éloigner du campement en ligne droite et se diriger n'importe où dans l'horizon. Après quelques minutes de marche, se retourner et ne pas pouvoir apercevoir les tâches colorées qui sont nos tentes. Faire lentement un tour de 360 degrés en laissant le vide, l'espace infini sans repère, vider nos esprits, nous libérer pour quelques instants de toute pensée, et alors sentir un frisson parcourir notre peau, et bien au chaud, vivant, notre coeur battre.

 

Le lendemain de notre première nuit, quelqu'un nous rend visite: des dromadaires passent juste à côté de nos tentes! En toute tranquillité, sans donner aucune attention à notre présence, ils se promènent dans leur environnement en se nourrissant des arbustes capables de pousser sur ce sol pauvre.

 

Nous pédalons pendant deux jours dans ce paysage aride complètement dépourvu d'arbres (il faut aller loin pour faire ses besoins :-)) mais, étonnamment, loin d'être monotone. Au fur et à mesure qu'on s'éloigne de la dépression de la Caspienne, le relief change: de la plaine vraiment très plate à de douces collines sujettes à une forte érosion due aux vents violents, à la quasi absence de végétation et à l'aridité du sol. Ce paysage est caractéristique dans cette région et on ne le retrouve pas partout au Kazakhstan car la majorité du territoire est plat de chez plat!

 

Nous arrivons à Shetpe, le premier "grand village" après Aktau. Selon notre planning nous décidons de rejoindre Aral'sk par la ligne ferroviaire. Mais le train passe tous les deux jours, le matin. Il nous faut donc attendre. Nous n'achetons pas les billets à l'avance (encore aujourd'hui on se demande pourquoi?!), on fait des courses dans une petite épicerie, le plein d'eau et on s'en va à la recherche d'un spot pour camper deux nuits à quelques kilomètres en dehors du village. Assez facilement nous le trouvons, hors de portée de vue de la route et bien panoramique! Nous profiterons pleinement de cet endroit magique...

Deux jours après, nous nous présentons à la gare de Shetpe pour acheter les billets; malheureusement il n'y en a plus. Que faire? Nous ne pouvons attendre encore deux jours... Il nous reste qu'à essayer d'obtenir nos billets dans le train, mais est-ce possible? Nous le demandons à un gentil monsieur qui, comme une vingtaine d'autres personnes, attend ce train, et il répond: "Bien sûr que vous pouvez, vous êtes touristes!" C'est ainsi que nous apprenons les privilèges que notre statut d'étrangers touristes nous donnent. La suite a été très rapide: le train arrive, nous approchons une entrée de wagon, demandons aux contrôleurs si on peut faire les billets dans le train, nous leur montrons nos vélos et toutes les sacoches, on négocie un prix... deux minutes plus tard nous sommes dedans. C'est un train couchettes soviétique à compartiments ouverts avec 6 lits disposés sur 3 étages plus encore d'autres lits en 3 étages tout le long du couloir du wagon. Notre installation a été tout sauf discrète: 4 étrangers poussiéreux qui installent leurs vélos sur les deux lits des étages supérieurs de 4 compartiments différents, occupés par des passagers kazakhs qui dorment, mangent, jouent ou discutent. Nous donnons l'argent à nos deux bonhommes mais aucun billet ne nous est délivrez, "y a pas besoin" nous disent-ils. Encore une fois, nous prenons conscience des vrais naïfs que nous sommes... Vu que nous n'avons pas vraiment de places assignées, nous sommes obligés de stocker (cacher?) nos sacoches dans la petite cuisinette du wagon.

 

Malgré cette irruption plutôt tendue, l'atmosphère se détend rapidement et nous nous familiarisons avec la vie des longs voyages en train qui, dans cet immense pays, peuvent durer de nombreux jours. Les gens s'intéressent à nous, nous posent pleins de questions, pas seulement parce que nous sommes la curiosité du moment, mais plutôt parce qu'ils le font aussi entre eux de façon très naturelle afin de faire la connaissance de leurs compagnons de voyage. Un wagon c'est un peu comme une grande famille: dans le compartiment, ceux qui occupent les lits d'en bas doivent le partager avec les occupants des lits supérieurs, pour qu'ils puissent s'asseoir et utiliser la table.

 

Tous les passagers (vraiment tous sauf nous!) ont une sorte de "tenue de train" qu'ils revêtent dès qu'ils prennent place et ceci jusqu'à la fin du voyage. Il s'agit le plus souvent d'un training et de pantoufles. Chacun reçoit une taie d'oreiller et un petit linge de bain couleur azure comme le drapeau kazakh. Outre le chariot officiel vendant boissons et snacks, un bon nombre de vendeurs ambulants, très probablement non autorisés, traversent les wagons en vendant toutes sortes de marchandises: jouets, vêtements, snacks, boissons, cigarettes et, pour le bonheur des passagers, de la nourriture fait maison qui vient d'être préparée. Dans un coin au fond du wagon se trouve l'objet culte: le fatidique samovar à charbon! Grâce à lui on peut avoir de l'eau chaude 24h/24.

 

Si on ne compte pas le brusque réveil par le chef du train et ses engueulades à cause de nos billets absents (nous nous en sommes sortis indemnes mais l'un des contrôleurs s'est tout de même pris une droite dans le ventre) ça a été un superbe voyage! Nous conseillons de le faire une fois dans sa vie.

De Aral’sk, la ville-port fantôme, à Almaty

voyage à vélo au kazakhstan, bike touring

Nous voici à Aral'sk, le principal port kazakh sur la Mer d'Aral... euh... mais il n'y a plus d'eau! On connait bien la catastrophe écologique qui a touché cette vaste mer intérieure. En bref, dans les années 1960 les soviétiques ont eu la grande idée de cultiver le coton dans la steppe kazakhe et ouzbèque. Pour l'irrigation des champs, ils ont détourné les deux grands fleuves qui traversent ces pays et alimentent la Mer d'Aral: l'Amu-Daria et la Syr-Daria. Résultat flagrant: en 2004, elle avait perdu un peu près trois quarts de sa superficie. Cet assèchement a eu un impact écologique catastrophique: l'augmentation de la salinité a tué la quasi totalité des organismes qui y vivaient. Le sel laissé par l'eau et les grandes quantités de pesticides provenant des cultures et transportées par les deux fleuves se sont déposées sur le fond de la mer et ensuite, par l'action du vent, distribuées dans l'air libre. Ce type de pollution chimique à provoqué une nette dégradation de la santé des populations directement touchées: augmentation de la mortalité infantine, des cas de cancers et anémies, et d'autres maladies respiratoires. En plus, les activités économiques liées à la mer, comme la pêche, ont été abandonnées.

Pour remédier à cette catastrophe, un barrage construit en 2003 entre la petite Mer d'Aral, située entièrement au Kazakhstan, et la grande Mer d'Aral, presque entièrement en Ouzbékistan, ainsi que d'autres projets permettent aujourd'hui de faire remonter le niveau d'eau de la petite mer, en condamnant définitivement la grande mer.

 

Parenthèse scientifique terminée, nous prenons une chambre dans le seul hôtel qu'on trouve dans cette ville presque déserte. Malgré nos efforts de communication en russe, la maîtresse des lieux est complètement fermée à toute négociation. Nos propositions ne font que l'irriter et empirer le traitement qu'elle nous réserve. Le sentiment qu'elle nous inspire ressemble beaucoup à celui transmis par l'établissement même et par la ville: froid, abandon et désolation. Pas de douche dans les chambres, ni à l'extérieur... donc pas de douche prévue pour nous. Probablement cela est dû aux problèmes de provision en eau dans ce milieu asséché. Dommage, on commence à en avoir besoin. Avant de monter dans les chambres, nous croisons un voyageur allemand (incroyablement nous ne sommes pas seuls, il y a un allemand et un australien) qui nous informe qu'on peut se doucher à côté. En effet, à deux pas de l'hôtel, il y a un ballon de ceux qu'on monte sur les terrains de tennis en hiver qui abrite un fitness avec sauna et douches. Cela a de l'incroyable mais c'était vrai! C'est ainsi que linges sur nos épaules nous nous sommes rendus dans ce ballon pour goûter à la joie d'une douche tant attendue... et sombrer dans la chaleur d'une petite séance de sauna.

 

Le lendemain avant de repartir dans la steppe en direction de Almaty, quelques 1'300 km vers l'Est, nous faisons une courte visite au port-fantôme avec ses bateaux abandonnés et au musée "de la catastrophe". 

 

voyage à vélo au kazakhstan, bike touring

Seulement un matin à Aral'sk et l'atmosphère de la steppe nous manquait déjà. Mais nous voici de nouveau lancés sur la route au milieu des grands espaces. C'est sur la M32, cette route peu fréquentée (car les distances dans ce pays sont longues, du coup la population préfère le transport en train) que nous allons vivre des moments inoubliables.

 

Le vent nous est favorable uniquement pour un jour nous permettant ainsi de passer rapidement la zone autour du cosmodrome de Baïkonour. Les violentes rafales de vent et l'air si sec et si salé nous gercent lèvres. Le régime météorologique de cette région a été déréglé à cause de la Mer d'Aral: tous les matins nous avons de la pluie jusqu'à plus ou moins 11h, puis un vent bien modéré se lève, malheureusement contre nous ces jours, en dégageant le ciel des nuages. Et quand la nuit tombe, ce même ciel se défait de son veston bleu pour se couvrir de son manteau d'étoiles. Le ciel étoilé de la steppe est tellement étendu qu'en l'observant couché par terre on a l'impression de naviguer dans l'Univers.

 

Cette ambiance steppique est vraiment singulière. Dans le vide on apprend à distinguer ce qui le remplit. Par exemple, bien qu'il semble n'y avoir aucun animal, on se rend compte que des petits yeux nous observent un peu partout autour. En fait le sol est truffé de terriers et de marmottes eurasiennes. Ou alors, lorsque le sol semble complètement défait de toute végétation, un doux parfum envahit tout l'environnement, c'est celui des mottes de plantes aromatiques qui y poussent. C'est avec grand plaisir que dans cet infini ciel bleu parfois on peut percevoir le vol d'un oiseau qui se confond, si petit il paraît. Et ces milliers d'oiseaux couleur sable qui eux aussi se mimétisent avec les terres de ces lieux. En réalité, ça grouille de Vie! L'échelle de cet endroit et ses couleurs donnent à penser d'être seul... toutefois ça n'est pas le cas. Ici, tout se décalque, et, une fois les yeux habitués, ils ne cessent d'apercevoir le monde dans lequel ils se trouvent. Et quand vient la nuit, les jappements des chacals se font de plus en plus proches... Quant au silence qui règne dans cette immensité, il est un vrai délice pour nos oreilles.

Mais au milieu de ce vaste paysage parfois c'est aussi des hommes que l'on peut voir; des bergers à cheval menant leur troupeau. Aussi, des troupeaux d'animaux en liberté, comme ces chevaux qui d'un coup vous coupent la route ou ces chameaux qui errent dans ces étendues.

 

Nous faisons nos provisions de bouffe et eau tous les deux jours dans les villages situés le long du chemin de fer. Il ne faut pas les rater car il n'y en a pas beaucoup, souvent distant d'une centaine de kilomètres les uns des autres. Il s'agit de 4 ou 5 fermes qui cachent toujours une petite épicerie où l'on peut acheter de la vodka, du thé, riz, pâtes, et d'autres céréales, sucre, sel, et différentes conserves, ainsi que des biscuits, des bonbons et, avec un peu de chance, du pain, des oignons, de l'ail et des légumes frais. La nourriture pour deux jours nous revient à l'équivalent d'environ 5 euros.... divisés entre nous quatre... L'eau nous est offerte par les villageois qui la garde stockée dans des bidons. L'eau douce et propre est un bien précieux dans cette région. Quand nous sommes à sec et qu'on prévoit une longue distance avant le prochain ravitaillement, nous demandons l'eau à plusieurs maisons car nous consommons environs 30 litres tous les deux jours pour boire et cuisiner (4 personnes).

 

Après sept jours de vélo nous arrivons à la ville de Kyzylorda. En faisant quelques calculs, nous décidons de prendre un train pour Almaty et faire au plus vite les visas nécessaires à la suite (Ouzbékistan, Tajikistan, Kirghizistan et Chine). À la gare, on nous informe que le train part dans 15 minutes, ce qui est très très court... Rien que pour faire les billets il faut donner les passeports, faire enregistrer les données personnelles, répondre à toutes les questions qu'on te pose (quel est le nom et quel le prénom?), faire corriger l’orthographe, attendre l'impression des billets. Ensuite il faut patienter pendant que le policier en chasse d'argent facile nous bloque la route pour contrôler que nos visas soient en ordre. Le train part dans deux minutes et nous ne savons pas où mettre les vélos... Au bout du train il y a le wagon bagages, ouvert et complètement vide, mais le bonhomme ne veut pas qu'on y mette nos affaires: nous n'avons pas enregistré les bagages, donc pas de tampon au verso du billet, donc pas de vélos dans le wagon de bagages. Nous demandons s'il vous plaît, nous l'implorons, même une gentille dame qui passait par là a imploré avec nous, mais rien à faire, les portes commencent à se fermer, dans un geste désespéré nous sortons un billet... 10 secondes après le train part. Nous allons à Almaty.

 

Almaty

voyage à vélo au kazakhstan, bike touring
Cathédrale Zenkov

Dans cette ville tranquille, ancienne capitale kazakhe, nous avons trouvé une chambre avec quatre lits, style dortoir, dans une résidence universitaire habitée non seulement par des étudiants mais aussi par des familles avec enfants, tout le monde se partage cuisine et toilettes (douches payantes communes dans un autre bâtiment). Bien sûr, nous étions les extraterrestres du moment: il est drôle de voir trois étrangers barbus faire leur lessive et cuisiner… et se balader à trois avec une seule femme ("dievouchka")… La manager était autant sympa que celle d'Aral’sk: peu incline à la négociation, chaque jour au moment du payement elle nous demandait quand est-ce qu’on partait et elle nous faisait même payer pour garder les vélos à l’intérieur, dans notre chambre! Cela restait tout de même la solution la plus économique pour attendre nos visas. Nous ne pouvons pas nous plaindre, nous avons su par la suite que d’autres voyageurs n’ont pas été acceptés et ont du se chercher un autre hôtel.

 

Nous sommes restés à Almaty principalement pour faire quelques visas. Sans aucun problème, nous obtenons celui pour le Tadjikistan en 3 jours. Pour le visa ouzbek, il a fallu être un peu plus patients, à cause du système de liste d'attente interminable, mais nous n'avons pas le choix. Conseil: il est préférable de le faire ailleurs… En fait, il vaut mieux ne pas faire les visas pour les pays d’Asie Centrale en Asie Centrale. Nous avons aussi essayé de demander le visa chinois, on ne sait jamais... Mais la réponse a été catégorique: Non! Il faut le faire dans son propre pays, ou présenter invitation, réservation d'hôtels, billet d'avion et encore.  Pour ce visa là on collectionne des refus : non à Tbilissi, non à Baku et non à Almaty… Il nous reste plus que Tachkent et Dushanbe mais on commence à s’inquiéter un petit peu. En ce qui concerne le visa kirghiz nous le remettons pour Tachkent.

voyage à vélo au kazakhstan, bike touring

 

Une fois ces visas obtenus, nous faisons les billets de train pour retourner à Chimkent, d’où nous pédalerons jusqu'à Tachkent, en Ouzbékistan. Nous sommes d’accord: cette fois on fait tout comme il faut! Deux jours avant le départ nous faisons la longue queue au guichet de la gare et obtenons nos quatre couchettes; pour les vélos il faut s’enregistrer le jour du départ. Nous nous présentons avec trois heures d’avance et, en deux heures et demie (!!!) nous arrivons à enregistrer les vélos correctement en payant le juste prix pour le poids et en obtenant un récépissé réglementaire.

De Chimkent à la frontière ouzbèke

voyage à vélo au kazakhstan, bike touring

Dernier bout de l'aventure kazakhe, nous voilà reparti à vélo pour des terres bien plus vertes, nous a-t-on dit! Eh bien c'est vrai! Toute la route qui descend vers le Sud est contournée de plaines et vallées verdoyantes. Bien que cette région soit quelque peu plus habitée que celles précédemment parcourues à vélo, le calme lui, toujours règne dans cette contrée.

 

Il fait bon et l'air est parfumé de la douce fragrance du printemps. Les pâturages verts sont parsemés de fleurs colorées... et au grand bonheur des souvenirs des peintures de Van Gogh, des champs de coquelicots dansent lentement dans le vent. La route demeure aussi peu fréquentée, nous nous laissons donc flâner comme maîtres des lieux...

 

voyage à vélo au kazakhstan, bike touring

Saison de floraison, c'est aussi l'époque des naissances. Ainsi nous croisons pleins de nouveaux-nés sur notre chemin, poulains, veaux, chiots, agneaux et ânons.

 

Nous vaguons dans les prairies et profitons de ces derniers instants sur ces terres. Chaque pause est un délice, un vrai moment de paix, où l'on prend plaisir à boire notre thé, bien sucré pour les 3 hommes, et manger des bons biscuits. Tout simplement, nous prenons du bon temps dans ces agréables campagnes kazakhes.

 

Mais la frontière se rapproche, un nouveau pays se place de l'autre côté du fil barbelé. Il est temps de tourner une page. Le Kazakhstan, premier pas dans l'Asie, ce pays connu pour ne pas y avoir grand chose, sera tombé à pique pour notre aventure à 4. Le partage de ces nombreuses heures passées ensemble au milieu de cette ambiance a été des plus amusante. Beaucoup de rires et d'échanges, nous avons appris à nous connaître, et 3 garçons ensemble ça donne souvent des idées bien farfelues, d'autant plus quand l'atmosphère qui nous entoure est propre à se laisser vagabonder... Nous roulons à travers champ! Nous arrivons, Ouzbékistan!

 

 


LES LIENS

Les albums photos: http://www.entreicietla.com/photos-1/

Retrouvez les autres articles du blog: http://www.entreicietla.com/blog-1/

 

Album Kazakhstan

 

 

 

Écrire commentaire

Commentaires: 5
  • #1

    Mickaël (samedi, 08 janvier 2011 10:31)

    Wow, ça fait du bien de lire votre newsletter; on se sent transportés avec vous à travers ces paysages fantastiques ! Une magnifique aventure ! Bonne continuation !!!

  • #2

    Viviane (dimanche, 09 janvier 2011 15:54)

    Enfin de vos nouvelles! J'ai passé un excellent moment à vous lire et vous me faites rêver. Carmen m'a parlé de votre séjour en Chine et je me réjouis de découvrir vos photos lorsque ce sera possible!!!!
    Tout le meilleur pour 2011!
    Bonne chance pour la suite de votre voyage ... bizzzzz Viviane

  • #3

    chiara Del Ponte (dimanche, 09 janvier 2011 18:31)

    Siete fantastici, coraggiosi. Vi ammiro moltissimo e mi fate sognare. Peccato che sono anziana.... Approfittatene fin che potete, gli anni scorrono veloci e non dovete rimpiangere niente! Ero preoccupata del vostro lungo silenzio ed ho chiesto notizie al fratello di Davide. Buon anno e tante cose bellissime per i mesi in avvenire.

  • #4

    Samuela (dimanche, 09 janvier 2011 20:33)

    Ciao ragazzi!! le foto che ci regalate sono stupende e posso giusto immaginare la bellezza dei posti visti dal vivo... guardando le foto appunto e leggendo i vostri diari di viaggio, viaggio un po' anche io! tanti auguri per le prossime pedalate!!!! un abbraccio!!
    la vostra ex-vicina!
    Samuela

  • #5

    Cécile (lundi, 17 janvier 2011 22:45)

    Ahah, Viviane a cassé tout le suspense de savoir si oui ou non vous avez fini par l'obtenir, ce visa chinois :D