Azerbaïdjan... mais il est où le Grand Caucase?

Période de voyage: mars 2010

Nous sommes partis de Tbilissi vers le Nord-Est du pays avec l'intention de passer la frontière entre la Géorgie et l'Azerbaïdjan par la route montagneuse du Nord, qui longe le Grand Caucase reliant Balakän à Baku, plutôt que la route principale Gäncä-Baku, plate et moins intéressante.

Pendant deux jours nous pédalons dans la magnifique région géorgienne de Kakheti et comme lors de toutes nos rencontres, nous aurons droit chaque soir a un accueil bien arrosé de vin artisanal, chacha et beaucoup de nourriture. Nos derniers toasts de vin frais... car au delà de la frontière, c'est la vodka qui accompagne tous repas...

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Les pics du Caucase dans un rare moment d'eclaircies

Les policiers géorgiens nous disent : « Good Luck » au moment de passer la douane pour rejoindre l’Azerbaïdjan. Nous levons les yeux vers un gros panneau qui nous dit la même chose.

Arrivés à la douane azeri, l’accueil a été très amical, un rapide contrôle de nos visas, quelques questions en russe et hop, nous voilà en Azerbaïdjan. Les douaniers nous ont confirmé la validité de 30 jours pour notre visa à compter de la date du tampon, ce qui nous laisse tout le temps pour traverser le pays. Jusqu'à present tous les passages de frontière se déroulent rapidement (exception pour l'épisode syrien...), sans fouille ou long interrogatoire. 

 

L’enthousiasme est grand et l’envie de pédaler aux pieds du Grand Caucase nous motive encore plus. Il fait beau et nous nous disons : le temps de la pluie est terminé, on aura sûrement quelques jours de soleil, nous aurons plus de chance qu’en Géorgie, on est en mars et l'hiver est presque terminé...

Mais nous avons parlé trop vite, les nuages et la pluie réapparaissent après quelques kilomètres. Nous traversons des paisibles villages ruraux; sur la route, toutes sortes d’animaux broutent en liberté (pas de cochons, les Azeris sont en majorité musulmans) en particulier des chevaux, tous nous observent curieux de notre passage. Les collines touffues de végétation sans feuille sont mouchetées d’arbres printaniers jaunes et blancs. Le décor est calme et agréable. Nous ne connaissons pratiquement rien de ce pays, de sa culture.

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Un ami gardien de routes salue notre passage

 

Nous longerons ainsi sur presque 500km le Grand Caucase et pourtant nous n’apercevrons qu’à deux reprises les hauts sommets enneigés. Mais la beauté des routes en campagne nous persuadent que nous avons emprunté le bon chemin pour traverser ce pays. Bien que ces routes deviennent presque impraticables par moment à cause du mauvais temps, et la neige qui ne tardera pas à tomber pendant une nuit entière.

 

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Vue sur les montagnes du Kyabyaktepe, en arrivant à Saki

 

 

 La localité  la plus connue du Nord Ouest de l'Azerbaïdjan est certainement Saki, qui abrite un palais du khan datant du 18e siècle et un caravansérail, aujourd'hui devenu un hotel charmant mais plutôt cher, avec des projets d'expansion (plusieurs bâtiments). Il deviendra sûrement un hotel de luxe dans un futur très proche.

Notre idée était d'y passer une nuit romantique, mais après une brève discussion avec le gérant nous décidons de repartir et camper plus loin... dans le jardin d'une famille très sympathique.

 

Une pause au bord de la route en direction de Qabala, repas de midi, avec le quasi permanent ciel gris et quelques degrés au dessus de zéro

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La voilà! La surprise au réveil à Qabala (nuit passée dans un hotel...)

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Et plus tard, sur la route...

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Vers la deuxième moitié de mars nous avons eu l'occasion de découvrir un peu la culture azeri. Une famille, originaire du Karabagh, nous a invité deux jours dans leur maison. Nous sommes en pleine période de Novruz, le nouvel-an perse qui marque le début du printemps. Cette fête est aussi répandue en Asie centrale. Des bouquets traditionnels comme celui ci-dessus sont exposés dans la maison et les femmes préparent plusieurs sortes de pâtisseries à faire rêver nos palais et détruire nos dents...

Il est coutume, le soir de la fête, de préparer un grand feu par dessus lequel il faut sauter, afin de détruire la tristesse, la souffrance, le mauvais, et bien commencer l'année. Arnau et Grégoire, nos amis belges rencontrés en Syrie et qu'on retrouvera à Baku, nous ont raconté avoir passé la nuit de Novruz à boire de la vodka sur une colline pendant que leurs hôtes  balançaient en bas dans la vallée des vieux pneus de voiture en feu. Les voir rouler sur la pente était un spectacle extasiant nous on-t-il dit! Nous par contre, rien de tout ça... Nous nous sommes contentés de regarder la marche du président azeri à la télévision...

 

L'attente à Baku, les limbes indolores...

Après Novruz, nous sommes repartis pour Baku, une longue descente sur des prairies devenant de plus en plus arides, à l'approche de la mer Caspienne. Sur les derniers 30 km le vent soufflait si fort sur le côte que la progression était péniblement dangereuse. Alors, on sort le pouce et hop, un camion nous amène à l'entrée de la ville.

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Un troupeau de moutons sur les immenses pentes verdoyantes de l'Est azeri, sur la grande descente vers Baku

Nous n'avons pas grand chose à raconter sur la ville de Baku, mis a part le fait que, selon nous, c'est la ville la plus ennuyeuse visitée jusqu'a présent. Et nous y avons passé presque deux semaines!! La ville est un chantier éternel, ils construisent routes, trottoirs aux bords en marbre mais pas rabaissés pour les personnes à mobilité réduite (chaises roulantes, poussettes, ...), immeubles adobés de spots de lumière pour chaque fenêtre, parcs verdoyants recouverts de pavé mais complètement aseptisés, sans âme... Même la vieille ville est neuve, avec chaque pierre à sa place. Le bord du lac est naturellement, bétonné et artificiel, décoré par des immeubles à l'architecture futuriste et avec une magnifique vue sur le chantier naval. Franchement, ça sent le fric du pétrole! Et pour les soirées de détente, rien d'autres que les nights clubs évidemment...

 

Mais qu'est-ce que nous avons fait pendant tous ces jours à Baku? Le visa kazakh, du couchsurfing, bu des bières, revu des copains rencontrés pendant le voyage (Ela et Tobi, Arnau et Grégoire), logés dans un appartement de l'hotel Hyatt avec le chef cuisinier Alessandro et le responsable de la réception Armando, cela grâce à des liens couchsurfing qui datent de Tbilissi, et en dernier, téléphoné  tous les jours, toutes les deux heures, au port cargo de Baku pour demander si le bateau pour le Kazakhstan était là... cela pendant une semaine! Ce qui signifie qu'on ne pouvait pas bouger de Baku pour vivre un peu nos premieres journées de printemps... Mais on logeait gratuitement à l'Hyatt! Coincés dans les limbes indolores...

 

À part ça, on s'est quand même bien amusé comme vous pourrez voir dans les photos. Nous avons bien rigolé et connus quelques expatriés travaillant à Baku, que nous remercions infiniment pour leur accueil et disponibilité.  Nous avons aussi pu remettre nos vélos en bon état grâce à des gens compétents dans un atelier et acheter un objet de prédilection de tout voyageur à vélo: la resistance électrique qui permet de chauffer l'eau pour le thé dans ta chambre d'hotel sans y mettre le feu avec le réchaud primus!

 

Et du coup, pendant l'après-midi du 4 avril 2010, le bateau arriva... Nous quittons Baku à 4, nous deux et Arnau et Grégoire, en direction de Aktau!

 

LES LIENS

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Album Azerbaïdjan

 

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Commentaires: 1
  • #1

    Chiara Del Ponte (jeudi, 03 juin 2010 08:17)

    Con tanto interesse leggo i vostri commenti. Ho trascorso 8 inizi di anno iraniani e con nostalgia ho rivisto le decorazioni per le feste del nuovo anno.Golosa come sono non ho mai apprezzato i dolci troppo zuccherati!Per anni anch'io , con le lenticchie, ho preparato il grande ciuffo, che dopo tot giorni si buttava come buon auspicio per il nuovo anno. Finalmente vostre buone nuove. Auguroni per continuare con entusiasmo la vostra garnde avventura! Chiara