Welcome in Syria! From where?

Période de voyage: janvier 2010

voyage à vélo en Syrie, bike touring

WELCOME! disent les syriens contents de notre visite, mais le passage à la frontière n'a pas été des plus aisés... trois heures à admirer la grande pancarte "Welcome in Syria", nous avions tous les documents requis pour l'obtention du visa et pourtant arrivés là on nous dit qu'il faut faire chemin arrière! Alors avec beaucoup d'insistance, finalement, nous voilà en terre syrienne.

 

Que dire de la Syrie, pour commencer que ça n'est pas un endroit où l'on peut scier beaucoup de bois...ahahah mais plutôt un important carrefour des Routes de la Soie, et qu'on y a découvert le premier alphabet... Nous y passerons un mois, entre mer et désert, villes surpeuplées et tentes bédouines dispersées... Voici notre récit. 

 

 

Latakia et ses collines

Quelques kilomètres après la frontière, il commence déjà à faire sombre, il y a de la forêt partout et une pancarte indique: "Scout Camp". On décide de demander à un jeune homme qui se trouve sur le site, rien à voir avec les scouts car il est là pour couper du bois... (en Syrie ahahah) Tout de suite il nous invite à passer la nuit dans la maison où il travaille. C'est notre premier contact avec la culture et la langue arabe (si on ne prends pas en compte la douane), nous en profitons pour apprendre quelques mots basiques.

 

Le lendemain nous arrivons à Latakia, ville portuaire où nous nous arrêterons deux jours pour nous reposer et faire la lessive. Nous nous aventurons dans le trafic de la ville et nous découvrons la fameuse conduite "à l'orientale": environnement presqu'anarchique, tout espace libre est bon et le premier qui le prend à la priorité, klaxons à profusion... mais ça circule, mieux qu'à Genève. Par la suite, nous remarquerons qu'il y a quasiment plus de taxis que de voitures et que ce n'est pas l'homme qui appelle le taxi, c'est le taxi qui appelle l'homme (avec un coup de klaxon, bien entendu).

 

Après quelques tentatives nous trouvons un hôtel plutôt sale mais vraiment bon marché, géré par des jeunes sympas, ils nous offrent le narguilé et du "Maté", et nous laissent utiliser la cuisine et la machine à laver. Parfait pour nous.
 
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Les rues de la ville sont très animées: artisans, couturiers, cordonniers, magasins de vêtements, chaussures, falafels, shawarmas et gourmandes patisseries (dont nous nous empiffrons immédiatement), épices, téléphones portables, stands de jus de fruits, pharmacies et cosmétiques, billets de loterie à tous les coins de rues, chariots de foul (fèves) chaud (à l'odeur particulière), vendeurs ambulants de chai et café qui se baladent en clappant les cuillères entre elles créant des sonorités rythmiques, cireurs de chaussures (de tous âges), quincaillerie, etc... Les cafés sont remplis presque exclusivement d'hommes qui jouent au backgammon, boivent du Chai ultra-sucré et fument le narguilé. Les gens sont en général très gentils et nous demandent souvent d'où on vient: "From where?" et nous sourient la bienvenue. 

Le Krak des Chevaliers

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La prochaine étape de notre séjour en Syrie est le Krak des Chevaliers, le plus célèbres des châteaux-forts du Moyen-Âge, qui s'élève au dessus d'un cratère volcanique, sur les hauteurs de Jebel Kalakh. Sa première construction date de 1099 à 1144 et aujourd'hui on peut encore en admirer son envergure impressionnante. Nous y mettrons deux jours et demi de routes (douloureuses pour nos poumons) pour y arriver depuis Latakia. Là, nous empruntons l'autoroute mais elle ressemble plutôt à une route principale, ouverte aux activités marchandes et roulable à vélo, à pied, etc.. mais quand-même vraiment horrible, plein de camions, d'ordures!

 

 Le long du chemin nous avons pu remarquer la présence d'églises chrétiennes. En effet, en Syrie, il y a des villages entiers qui sont chrétiens, ce qui devrait faire réfléchir par rapport à nos dernières votations... 

 

 

Le lendemain de notre visite au Krak nous pédalons au Sud en direction de Homs et ensuite An Nabk. Sur la route (toujours l'autoroute) nous rencontrons un couple de cyclo-touristes anglais, Jon et Nicola (ils ont 47 et 50 ans!!) avec lesquels nous nous entendons tout de suite super bien. Avec surprise, nous apprenons qu'ils ont roulé avec notre ami Gaëtan (nous l'avons rencontré au Montenegro il y a trois mois) pour une dizaine de jours en Grèce jusqu'à Istanbul.

 

Deir Mar Musa el Habashi

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Avec Nic et Jon nous rejoignions An Nabk (située à plus de 1200 m d'altitude) en deux jours avec le vent soufflant précisément face à nous. Pendant ces deux jours nous avons remarqué les changements de paysage majeurs: de la forêt montagneuse de la région de Latakia et des collines touffues d'oliviers, au plateau caillouteux et désertique qui caractérise le Sud et l'Est du pays.

 

Nous trouvons une route alternative à l'autoroute et pédaler devient beaucoup plus relaxant, malgré le vent sévère qui doit souffler souvent vu l'inclinaison des pins. Ce paysage aride est magnifique: à l'Ouest les hautes montagnes libanaises (chaine du Mont Liban), brunes aux pics enneigées; à l'Est des collines plus douces.

 

 

Depuis An Nabk, nous prenons la direction Est pour une vingtaine de km avec l'intention de visiter le monastère chrétien Deir Mar Musa el Habashi, situé dans le désert. Il nous a donc fallu redescendre la falaise Est du plateau, et la remonter un peu plus au Nord, cette fois à pied. Eh oui, le monastère est construit sur le flanc de la falaise, offrant une vue magnifique sur le désert. Un long escalier permet l'accès au site. Nous garons nos quatre vélos dans un local aux pieds de la montée et surprise! deux autres vélos de voyage se trouvent aussi à l'intérieur. Curieux nous montons au monastère et nous rencontrons Arnau et Grégoire, deux jeunes frères (pas au sens religieux) belges, aussi en route vers l'Asie Centrale. 

Monastère de Deir mar musa, voyage à vélo en Syrie, bike touring

 

Deir Mar Musa était un ancien lieu de culte qui a été relevé de ses ruines en 1984 par le père jésuite italien Paolo Dall'Oglio. Il y compte maintenant une petite communauté cosmopolite de moines et volontaires à titre religieux ou non. Il comprend deux églises (une ancienne et une nouvelle), des dortoirs, un potager, une laiterie, cuisine, salle à manger et de discussion, une bibliothèque,... Tout le monde peut s'y rendre et y séjourner pour le temps désiré, logement et repas sont offerts en échange de services (travaux d'entretien, vaisselle, lessive, travail dans le potager, etc.) Les messes et méditations ne sont pas obligatoires et les discussions sont très ouvertes, en particulier au sujet de la rencontre et le partage entre religions.

Mais Mar Musa est plus qu'un lieu de culte; il comprend un vaste périmètre reconnu par l'Etat comme site naturel protégé. Des parcours dans le désert, plus ou moins engagés sont proposés.

 

 

Nous y passerons deux nuits au lieu d'une grâce à un fait extraordinaire: 2 jours d'orage! dans le désert! Le pluviomètre montrait clairement que pendant ces deux jours il a plu plus que la moyenne annuelle de 200 mm. Le petit vallon creusé par l'action érosive de l'eau était complètement sec le jour de notre arrivé. Maintenant, il y coule un bon volume d'eau!

 

 

Nous, 6 cyclistes, quittons le monastère le matin au milieu du blizzard et du brouillard, dans cette ambience mystérieuse nous nous séparons. Avec Arnau et Grégoire nous arrêtons un camion qui nous pousse jusqu'a Damas. Après deux bons sandwich au falafel, nous saluons nos amis belges, nous nous rendons chez nos hôtes syriens (famille de Lauriane et Yazan, Merci) qui nous attendent (ce qui explique le trajet en camion ;-)).

 

Damas

Mosquée des Omeyyades, voyage à vélo en Syrie, bike touring

Nous passons quatre jours à Damas (aussi nommée Al Cham, grain de beauté), l'une des plus anciennes capitales au monde. Nous y découvrons la magie du décor des milles et une nuit en se baladant à travers ses souks (anciens marchés) éparpillés dans la vieille ville. Dans les souks on retrouve les métiers traditionnels, transmis de père en fils: tissus imprimés à la main, le brocart, l'aghabani, les capes brodées en fil d'or et d'argent, les tapis aux motifs géométriques et arabesques, l'argenterie, le cuivre, l'or et les objets dorés, l'art des incrustations au nacre, la marqueterie, la moulure, la calligraphie arabe, la maroquinerie et la tannerie, la poterie et le verre soufflé...

Mais on y trouve aussi toutes sortes d'objets en plastique, vêtements, parfums, épices marchés alimentaires. On peut goûter aux spécialités locales: chawarma, falafel, les mezzés, jus de fruits et, les délicieuses pâtisseries à la pistache et à la pate d'amende. [...j'ai un peu repris la brochure touristique... :p]

 

Le vieux Damas était entouré de murs et de sept portes. Au coeur de la ville se situe la Mosquée des Omeyyades (énorme!), lieu de culte islamique mais aussi espace de jeux pour les enfants de part son sol glissant...

 

On trouve aussi la citadelle (que nous n'avons pas visitée à cause des travaux) et plusieurs hammams (anciens bains publics), les Khans (caravanserails) et bien d'autres somptueux vestiges.

Palmyre et la route du désert

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Un jour de pluie, nous partons de Damas pour l'oasis de Palmyra, dans le désert. Pendant les trois jours de vélos, nous avons eu droit à une nuit en compagnie de militaires et une petite tempête de laquelle nous sortirons à l'aide d'un gentil bédouin (nomade arabe du désert) en camionnette (aujourd'hui ils sont motorisés), nos vélos et sacoches confortablement couchés sur un "tapis" de caca de moutons, apportant ainsi une touche charismatique à nos personnalités pour environ un mois.

 

Palmyra (Tadmur en arabe) était une ville très ancienne avec une histoire passionnante, particulièrement rattachée à la reine Zenobia, qui en fut à son époque (3ème siècle a.c) un site grandiose et splendide. Aujourd'hui, on peut visiter ses ruines, ses temples et ses nécropoles.

 

 

Elle est une étape principale pour les touristes qui visitent la Syrie; les nombreux hotels, camping sous les palmiers tenus par des bédouins convertis au tourisme (où nous passerons 2 nuits à la fraîcheur d'environ zéro degrés), petites boutiques, tours en dromadaires et bédouins en mobylettes qui te courent après pour te vendre des colliers.

 

 

De Palmyra, nous prenons l'une des routes du désert pour rejoindre l'Euphrate, au nord. Trois jours de route magnifique, moyenne de 4 degrés, vent de face, et seulement une tempête de sable (sable très fin qui s'infiltre partout, cheveux, narines, oreilles, yeux, sacoches fermées, colle à la peau et recouvre les vêtements, la chaîne et le dérailleur...)

 

Quelques campements bédouins parsemés, les hommes assis au bord des routes avec leurs turbans quadrillés et leurs énormes troupeaux qui se fondent dans le paysage, calme et immensité...

 

Nous passons nos nuits chez des familles bédouines semi-nomades. Où que l'on aille, pas besoin de beaucoup de mots, la porte est toujours ouverte, le repas et le toit toujours partagés. L'accueil et l'humilité des personnes rencontrés nous a beaucoup touchés.

 

Alep

Une fois rejoint l'Euphrate (que nous ne verrons pas) nous prenons la route en direction d'Alep. Beaucoup de trafic, brouillard, nous décidons d'arrêter un camion qui nous amène a 10km de l'entrée d'Alep.

 

Première vision: les antennes satellites qui envahissent les toits! Mais Alep est considérée comme la plus belle ville au monde. Au coeur de la vieille ville on y trouve son immense citadelle et tout autour plusieurs kilomètres de ruelles de souks à s'y perdre très facilement.

 

Réputée également pour son savon: le "Savon d'Alep", huile d'olive et feuille de laurier, ce savon est ancré dans la tradition pour ses vertus hydratantes et on peut l'acheter partout.  

 

Nous logeons cette fois-ci dans un hôtel où nous rencontrerons pleins de voyageurs, dont Marion et Thibaud de Morges et bien sur une signature de Gaëtan dans le bikebook!

 

Que dire de plus sur la Syrie? bien des choses... que le matin dans les postes radios on entend toujours la douce voix de la chanteuse Fairouz, que le vendredi équivaut au dimanche en Suisse, que la nourriture est vraiment délicieuse, que le pain enfin plutôt les galettes sont l'ingrédient principal des repas, que les gens accordent une forte importance à la pièce du salon (faite pour recevoir et y vivre la plupart du temps) presque vide mais recouverte de tapis et coussins, un chauffage au milieu et... la télévision, et surtout le président qui est l'emblème du pays, on le verra partout tout le temps...

 

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Album Syrie

 

 

 

 

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Commentaires: 1
  • #1

    Chantal (lundi, 28 février 2011 00:23)

    Waouh !Joli, joli.J'ai acheté récemment un billet d'avion pour Damas (au départ de la Belgique)et je compte visiter la capitale syrienne en octobre 2011 (incha'Allah).
    Je viens juste de découvrir votre blog, ben oui, il faut bien un début...